Violette Guillon

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Violette Guillon – Antoine est responsable des ressources humaines dans une grande entreprise. Il est confiant dans sa capacité à s’occuper de leurs quatre enfants pendant que sa femme est en vacances. Cependant, Antoine ne parvient pas à expliquer à quel point cela peut devenir chaotique.

Cet essai présente les résultats de huit années de recherche sur le concept d’éditorialisation, menées dans le cadre de la série de colloques internationaux « Écritures numériques et éditorialisation », que je co-organise avec Nicolas Sauret depuis 2008.

Je propose de penser l’éditorialisation comme la somme des forces qui génèrent le cyberespace. Les interactions de l’action individuelle et collective avec un environnement numérique peuvent s’inscrire dans ce type de dynamique. Je propose de décrire le fonctionnement des nœuds d’autorité numérique en partant de cette définition.

Depuis 2008, mon co-auteur Nicolas Sauret et moi animons une conférence internationale annuelle intitulée « Écritures numériques et éditorialisation », où nous développons nos idées sur le concept d’éditorialisation pendant huit ans. Je dois mes réflexions introspectives à un large groupe d’universitaires dont les efforts ont conduit à la définition émergente de l’éditorialisation.

En particulier, je tiens à remercier Gérard Wormser et le réseau public Sens ; Nicolas Sauret; Yannick Maignien; Louise Merzeau; Michel Sinatra; Anne-Laure Brisac; Carole Dély ; et Roberto Gac.Mon utilisation du mot « éditorialisation » crée un nouveau sens pour le terme dans la langue anglaise. Le mot “éditorialisation” vient du français.

Il vient du terme anglais éditorialise, qui signifie « exprimer une opinion sous la forme d’un éditorial » ou « incorporer une opinion dans le rapport des faits » dans la plupart des dictionnaires1.

L’expression a pris de nouvelles significations en français, notamment en lien avec les communautés en ligne et d’autres moyens numériques de production de connaissances. L’association du terme à l’idée d’opinion est conservée dans la version numérique du terme en ce qu’elle fait référence à la production de contenu qui exprime une sorte d’opinion ou qui offre une meilleure façon de voir ou d’interpréter le monde, comme nous le verrons.

Ce changement de sens, de celui qui dénote l’expression d’opinion à celui qui suggère la production de connaissances à l’ère numérique, est en fait assez utile et pas particulièrement problématique.

La resématisation de ce concept peut être particulièrement utile pour mieux comprendre et donner un sens aux modèles d’organisation et d’autorité présents dans le monde virtuel. L’éditorialisation est plus qu’une simple idée ; c’est une théorie complète.

Cependant, avant d’approfondir le sens de cette expression et les fondements théoriques qu’elle établit, il est important de présenter un bref aperçu des origines du mot dans le monde académique français.

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Alors que l’expression française éditorialisation est de plus en plus courante depuis 2007, il peut être difficile de déterminer exactement ce que les chercheurs veulent dire lorsqu’ils emploient ce terme et encore plus de retracer son évolution au cours de la dernière décennie.

Il a été utilisé pour la première fois par Brigitte Guyot2 en 2004 pour décrire à la fois le processus et les outils qui facilitent la communication entre les fournisseurs d’information et les consommateurs d’information. Selon ses écrits, que j’ai traduits, « éditorialisation » est essentiellement synonyme de « médiation » en ce sens.

La déclaration de Guyot conduit à la croyance erronée qu’une connexion immédiate à la connaissance est concevable, mais comme McLuhan et ses partisans dans le domaine des études sur les médias l’ont démontré, ce n’est pas le cas. Le fait que Guyot ait omis l’expression de la version finale de son étude de 2004 démontre en outre que le mot, tel qu’il est utilisé par elle, est problématique.

Nouvelles tendances applicatives : de l’indexation à l’éditorialisation » est le chapitre du livre L’indexation multimédia de Bruno Bachimont paru en 2007 qui a introduit pour la première fois le concept d’éditorialisation.

Bachimont appelle la tendance à l’indexation « éditorialisation » (c’est ma traduction) et il en parle dans cet article. L’argument principal de l’article est que l’indexation du contenu numérique crée un nouveau type de connexion entre les données et les documents.

Contrairement à l’indexation traditionnelle, où la difficulté réside dans la localisation du document contenant l’information recherchée, l’indexation de contenu numérique facilite la découverte et la configuration des segments pertinents du document dans une recherche de ladite information.

L’indexation et la recherche numériques sont différentes de leurs prédécesseurs analogues en ce sens que si un document est disponible dans les résultats de la recherche, cela ne signifie pas nécessairement qu’il a été indexé. Lors de l’utilisation de l’ancienne méthode d’indexation, les segments peuvent être déconnectés du matériel source et perdre leur authenticité en conséquence.

Ces parties sont converties en actifs et réutilisées dans la création de nouveaux médias. L’accent est passé de la récupération de documents à la génération de contenu via les moyens existants. En conséquence, l’indexation passe d’un outil de recherche à un outil de publication. L’éditorialisation permet d’intégrer des rubriques indexées.

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