
Petit Fils De Trotsky – Cet homme a vieilli avec grâce, ses yeux bleus restant de feu malgré le poids des années et de l’histoire. Esteban Volkov, un réfugié russe de 93 ans qui vit désormais dans le jardin d’une maison en briques dans un quartier résidentiel de Coyoacán, au cœur de Mexico, accueille les visiteurs avec une étoile rouge sur son casque. Juste là, sous ses yeux, le 20 août 1940, se trouvait l’endroit où son grand-père a été tué.
À première vue, il se présente comme un aberrant en disant : “Je suis le seul membre de la famille qui a pu arriver à l’âge de 93 ans”. Esteban Volkov, survivant d’une tribu anéantie par la paranoïa meurtrière de Staline, utilise pour s’exprimer le français avec l’accent espagnol qu’il a appris pendant son exil.
Lev Davidovich Bronstein, souvent connu sous le nom de Léon Trotsky, était son grand-père. Il était un héros révolutionnaire et l’homme derrière l’Armée rouge. Cependant, son petit-fils a vu son grand-père évincé du pouvoir par son ennemi, Staline.
Après avoir été exilé en Sibérie puis en Union soviétique en 1929, Trotsky est devenu l’opposant idéologique le plus en vue de Staline. Il soutient l’idée d’une révolution mondiale permanente et le glissement totalitaire du régime actuel. Staline utilise tout l’appareil des services secrets pour éliminer ses ennemis et les membres de leur famille.
Esteban Volkov a marmonné : « Staline a tué toute ma famille et tous mes amis. Sa mère, la fille de Trotski, a été autorisée à quitter le pays avec un seul de ses enfants grâce à un acte héroïque du dirigeant soviétique. Elle abandonne Alexandra pour amener son fils Sieva, en disant : « J’ai triché aux élections.
Trotski et sa seconde épouse, Natalia, « ma grand-mère politique », vivent en exil sur l’île turque de Prinkipo dans le Bosphorus, que la jeune Sieva et sa mère ont maintenant rejoint. Sa mère se rend à Berlin pour recevoir un traitement contre la tuberculose mais finit par s’y suicider en janvier 1933. Son père, né aux États-Unis, a été déporté et exécuté par Staline.
Vivre sur le bord
En 1937, après avoir été expulsé de Turquie, Trotski trouve asile au Mexique. C’est le seul pays à lui accorder l’asile à l’époque. Sieva est revenue vers lui en 1939, alors qu’elle avait 13 ans. La famille emménage dans une nouvelle maison non loin de celle où la future matriarche trotski Frida Kahlo avait vécu. Le quartier devient une halte obligatoire pour les artistes en quête de révolution ; c’est là qu’André Breton rédige le manifeste qui a lancé le mouvement artistique révolutionnaire indépendant.
La paix et la tranquillité ne durent pas éternellement. La famille est toujours prise dans les griffes de Staline même s’ils se sont déplacés à l’autre bout du monde. Un groupe de militants communistes au Mexique, se faisant passer pour des policiers, a fait irruption dans le quartier dans la nuit du 20 mai 1940 et a ouvert le feu depuis l’arrière-cour de la maison.
La question était: “Comment êtes-vous arrivé ici?” Le vieil homme se souvient qu'”ils sont entrés par ici”, indiquant une porte de maternité condamnée. Ils ont défoncé les portes de sécurité de la maison afin que les résidents ne puissent pas sortir, puis sont entrés dans leurs chambres par les volets en bois.
Je suis accidentellement tombé du lit, et c’est comme ça que je suis venu te parler en ce moment. J’ai encore été frappé à l’oreille avec une balle. L’adolescent est la seule victime de cette attaque. C’est un miracle que Trotsky et sa femme aient survécu.
Maintenant, la maison est complètement bouclée. Les murs extérieurs sont renforcés, une tour de guet est construite et toutes les fenêtres qui donnent sur l’extérieur sont scellées.
savait très bien qu’il n’avait reçu qu’une réprimande. Chaque matin, quand il se réveillait, il ouvrait la fenêtre et disait à Natalia : “Ils nous ont donné un jour de vie de plus !”
Dans trois mois, le coup fatal sera porté. Franck Jackson, se faisant passer pour un journaliste et sympathisant trotskiste, parvient à se rapprocher du cercle restreint du révolutionnaire. En réalité, il s’agit d’un agent envoyé par Staline pour tuer son adversaire politique, Ramón Mercader.
Esteban Volkov se souvient : « C’était un homme vraiment convenable, élégant et sympathique. C’était délibérément qu’elle ne montrait absolument aucun enthousiasme pour faire connaissance avec Trotski. dans de bons restaurants », nous dit-on.
Franck Jackson passe plusieurs semaines à conquérir la famille du révolutionnaire, à commencer par son jeune enfant. Il nous a emmenés faire un pique-nique au Mexique. Nous faisions des randonnées en montagne avec lui. Il a conduit des amis jusqu’à Veracruz, à environ 400 kilomètres.
Franck Jackson obtient un entretien avec un homme politique le 20 août 1940, afin qu’il puisse amender une de ses pièces. Comment avez-vous pu refuser de rendre service à votre nouvel ami ? C’est comme ça qu’il est entré dans son bureau, je suppose. Trotsky est tombé dans un piège.
Vsevolod Volkov, le petit-fils du révolutionnaire russe Léon Trotsky, est caché depuis près de trois mois dans une maison d’enfants de Guebwiller, au centre d’un scandale familial et politique. Son grand-père tuteur légal l’a retrouvé au Mexique et l’a fait kidnapper. Le 21 mars de cette année 1939. Récit.Publié dans DNA et en ligne sur dna.fr le 20 mars 2018.
En ce premier jour du printemps 1939, l’Alsace connaît un froid glacial. Guebwiller reçoit une chute de neige. Un gros véhicule se gare devant le Rayon de Soleil sur les hauteurs de la ville, face au vignoble. Une dame, enveloppée dans un manteau (évidemment une citadine), émerge.
Marguerite Rosmer, c’est elle, et un commissaire de police entrent dans la maison d’enfants qu’elle a contribué à fonder il y a quelques années. Peu de temps après, cet ami proche de Trotsky revient avec un jeune homme d’environ 12 ans. Il s’agit du petit-fils de Léon Trotsky, Vsevolod Volkov, alias Siéva.
Même si le temps était terrible, je me souviendrai toujours de ce jour. Je n’y croyais plus. Près de huit décennies après les événements, Siéva Volkov se souvient avoir pensé : « Le ciel s’est ouvert et une nouvelle vie a commencé. Elle le fait dans un français impeccable. Cette joie éphémère sert à éclairer une existence autrement tragique.
Survivante Siéva
Siéva Volkov a été témoin du suicide de sa mère, de la mort par étouffement de son oncle, de l’exécution de son grand-père avec un pic à glace, de la disparition de son père, de sa grand-mère et d’un oncle lors des purges staliniennes, et de la mort de sa tante due à la tuberculose avant d’avoir quatorze ans.
Il a été élu entre l’URSS, la Turquie, l’Allemagne, la France et le Mexique, enlevé et caché par la petite amie d’un de ses oncles, et sauvé par des trotskystes. Lors de la première tentative d’assassinat sur son grand-père, il est blessé au pied (« Je me suis recroquevillé dans un coin de la pièce par instinct de survie. ») dans le quartier mexicain de Coyoacan, où son grand-père avait élu domicile. Sans cela, je serais mort, dit-il.
De retour chez lui le 20 août 1940, il sera présent pour l’arrestation de Ramon Mercader, le “tueur au pic à glace” envoyé par Staline pour éliminer Trotsky.Vsevolod Volkov, alias Siéva, qui s’appelait autrefois Steve Martin mais était connu à l’époque sous le nom de Victor, est toujours bien vivant quelque huit décennies plus tard.
Il est maintenant connu sous le nom d’Esteban et vit au Mexique, où il supervise les opérations au Musée Trotsky. Son nom de naissance était Volkov, bien qu’il s’appelle parfois Bronstein, le nom que son célèbre grand-père portait au début. Une histoire sur la façon dont il a utilisé le musée Trotsky pour prouver qu’il a pleinement embrassé l’héritage de sa famille.
En 1989, au plus fort de la perestroïka, il a été autorisé à retourner à l’URSS pour voir sa demi-sœur malade Aleksandra. Je ne parlais plus couramment le russe et la conversation n’allait nulle part. Nous avons eu quelques problèmes de communication.
Au début du mois, l’ingénieur chimiste à la retraite fête ses 92 ans avec ses quatre filles et ses cinq petits-enfants. Après le suicide de la mère de Siéva à Berlin en 1933, il est confié à son oncle, Lev Sedov, dit Léon. Fils de Trotsky issu de son second mariage et allié politique le plus important de son père. Lev aurait été empoisonné par des espions staliniens dans un hôpital parisien en février 1938.
L’enfant est désormais confié à la compagne de son oncle, Jeanne Molinier (née Martin de Pallières). Cette femme est toujours légalement mariée à Raymond Molinier, acteur majeur de l’histoire du mouvement trotskyste français, devenu l’un des principaux dissidents du mouvement en 1935. Pour renforcer son influence sur Trotsky père, M. Molinier est même soupçonné d’avoir forcé son femme dans le lit du fils de ce dernier.
La vie de Siéva avec sa tante Jeanne était “monotone et grise”, donc après sa mort il veut être avec son grand-père le plus tôt possible. Il n’y avait pas d’enfant à sa charge. Je crois qu’elle me surveillait. Mais j’ai toujours imaginé une vie partagée avec mon grand-père paternel, ou “el abuelo” en espagnol.
La bataille pour protéger l’enfant a commencé. Dans une tentative de réconciliation en mai 1938, Trotsky demande à Jeanne de venir vivre avec lui au Mexique avec leur enfant. Je lui ai dit : « Je te propose de vivre avec nous comme une fille. Je n’ai eu que des réponses vagues, pleines de demi-vérités et d’hostilité mal déguisée. .
Trotsky se qualifiera lui-même de “moliner” dans ses écrits. Depuis qu’il s’est enfui au Mexique, il a tout fait pour enlever son petit-fils. Ses amis de confiance, les frères Rosmer, ont été nommés tuteurs légaux, et le 8 décembre, son avocat Gérard Rosenthal portera l’affaire devant la justice. Jeanne Molinier conteste la légalité du mariage de Trotsky puis de celui de sa fille. Les tentatives de faire disculper Trotsky par la justice française échouent le 16 janvier 1939. Siéva, cependant, est caché depuis un bon mois.
