
El Mehdino Mort – Selon deux sources policières, un homme d’une vingtaine d’années a été tué par balle dans le 14e arrondissement de Marseille entre samedi soir et dimanche matin, ce qui en fait le deuxième homicide par balle de la période des fêtes de Noël.
Une des sources policières a indiqué qu’à 02h40, des balles ont été signalées dans la cité de La Marine Bleue, au nord de Marseille, et que la victime est décédée après l’arrivée des policiers. Lorsque les secours sont arrivés vers 3 heures du matin, ils ont tristement annoncé les morts. Sur un scooter, deux fugitifs se sont échappés.
La victime avait des antécédents avec les forces de l’ordre liés aux stupéfiants, et la police judiciaire a été appelée. Deux mecs, âgés de 25 et 26 ans, ont été abattus à plusieurs reprises dans la cité de la Marine bleue à l’été 2021. Au moment de leur décès, les deux victimes devaient comparaître devant le tribunal dans le cadre d’une affaire de drogue.
Un homme de 22 ans a été tué par balle vendredi soir dans la cité HLM Méditerranée de Marseille, et un homme et une femme dans la vingtaine ont été blessés par balle samedi soir, tous dans le même arrondissement. Le pronostic critique de l’homme fait l’objet d’une enquête active.
La mort de Mehdi à Marseille a amené les habitants de la ville à se demander : “Comment en sommes-nous arrivés là ?”
Plus de 300 personnes ont défilé en l’honneur de “Mehdi”, un jeune homme d’une ville défavorisée tué par la police à la suite d’un braquage, samedi à Marseille. Les participants ont appelé à discuter avec les autorités.
Les jeunes de Maison-Blanche, ville natale de Mehdi, et les mères de sa famille ont commencé le défilé en fin de matinée en silence, portant des roses blanches et arborant des tee-shirts blancs portant le slogan RIP Mehdi (repose en paix) .
Rallié sous une banderole indiquant “justice pour Mehdi”, le groupe s’est rendu dans la cité des Marronniers, située à une quinzaine de kilomètres au nord de Marseille, où le jeune de 18 ans a été abattu par la police le 14 février.
Un commerce proche du cœur de la ville est cambriolé cette nuit-là. Des policiers de la brigade anti-criminalité (Bac) Nord ont pris en chasse les trois suspects alors qu’ils s’éloignaient.
Dans des conditions que les investigations détailleront, un policier a ouvert le feu à de nombreuses reprises après avoir été lui-même puis l’un de ses collègues pris en cible par Mehdi, selon le procureur Dominique Laurens, est celui qui a affronté les flics.
D’autre part, certains habitants de Maison-Blanche se sont demandé si Mehdi avait effectivement menacé la police après avoir entendu des témoignages à Marronniers.
Ce n’est “pas si horrible”, après tout
Vous ne serez pas autorisé à parler négativement de la police. Nair Abdallah, représentant du Collectif des habitants de la Maison-Blanche, se tient au pied d’un bar délabré et affirme Les policiers ne sont pas tous méchants, tout comme les jeunes des quartiers ne sont pas tous méchants. C’est juste avant le début de la marche blanche.
Pourtant, le jeune père souligne que lui et sa famille auraient préféré que leur proche passe un certain temps en prison plutôt que de mourir, exprimant leur inquiétude que “l’agression policière” devienne la norme.
Une enquête de l’Inspection générale de la police nationale sur l’usage d’armes par la police lui a donné “une lueur d’espoir dans la justice”, affirme-t-il. Surtout, le porte-parole du collectif évoque la question des quartiers délaissés. Il demande que la police et les législateurs engagent la conversation et fassent des gestes tangibles.
Nos voix doivent être entendues. Pour quelle raison en sommes-nous arrivés là ? Il a ensuite demandé nonchalamment Quelqu’un s’est-il déjà réveillé en pensant Aujourd’hui, je vais voler.
À ses côtés, Yacoub, un autre membre du collectif, raconte comment Mehdi a cherché un emploi sans succès alors qu’il n’avait ni permis de conduire ni téléphone, mais seulement la plaque d’identification de la ville. Il évoque également le fait que le jeune homme n’est pas suivi à sa sortie de prison.
Yacoub et Nair critiquent ceux qui sont “venus réclamer des voix” quelques semaines avant les élections municipales mais affirment ensuite qu’ils “ne peuvent rien faire” pour eux le reste du temps. Par exemple, Nair note que l’ajout de la station de métro Capitaine Gèze s’est fait au prix d’une exclusion du réseau de bus de la ville.
Haoulata, pépiniériste de vingt-quatre ans,
a déménagé de Maison-Blanche mais souhaitait tout de même y assister car elle reste en contact avec la sœur de Mehdi et sa famille.
Elle souligne que “nous devons offrir l’avenir aux jeunes d’ici”, ce qui signifie que chacun, de la police aux autorités, doit faire sa part pour s’assurer que les jeunes de ce quartier obtiennent les ressources dont ils ont besoin pour réussir.
Après la marche, les minots venaient à Nair et demandaient Et alors, qu’est-ce qu’on fait?, Ce dont Nair est bien conscient. Il ne sait pas comment y répondre, mais il est persuadé qu’un jour les gens reconnaîtront leur “potentiel” dans la société.
