
Dino Scala – Le “violeur de la Sambre” a eu plus de 30 ans de crimes et 56 victimes avant d’être traduit en justice. LA BASE NORD. Dino Scala, un homme de 61 ans accusé d’avoir violé ou agressé sexuellement 56 adolescentes ou femmes au cours d’une trentaine d’années, sera jugé par la cour d’assises du Nord de Douai à partir de vendredi.
Une enquête qui a duré plus de deux décennies et couvert 30 ans de crime. Les systèmes judiciaires français et belge, ainsi que les familles des victimes, ont été soulagés le 26 février 2018, lorsque Dino Scala a été appréhendé par les autorités.
Les enquêteurs n’ont pas été en mesure d’identifier les auteurs de plusieurs viols ou tentatives de viols entre la France et la Belgique depuis mars 1988. 56 personnes qui ont porté plainte au civil contre “le violeur de la Sambre”, comme il était connu des autorités, affirment l’avoir agressé ou tenté de le faire.
Trois d’entre eux ont péri. En conséquence, le procès, qui durera seize jours jusqu’au premier juillet, est unique en son genre. Selon Me Fanny Bruyerre, qui travaillait auprès de neuf victimes âgées de 13 à 45 ans au moment des faits : Il n’y a pas de profil habituel des victimes.
Il était également évident qu’il s’agissait d’une méthode commerciale bien établie. L’automne ou l’hiver a été utilisé comme couverture pour cette attaque car elle s’est produite tôt le matin lorsque la plupart des gens dorment encore.
Dans certains cas, l’agresseur s’est approché par derrière et a attrapé la gorge de la victime avec une ficelle ou un foulard. Quelques secondes après avoir accompli sa tâche et demandé à sa victime de compter à rebours, le tueur s’est enfui.
Alors, “dit Me Bruyerre,” il n’a jamais été vu ni reconnu. Il y a eu une augmentation constante du nombre de victimes au cours des 30 dernières années. Une théorie est esquissée par l’avocat. Des plaintes ont été déposées dans plusieurs commissariats mineurs de l’Avesnois, dit-elle.
Pour vérifier tous les faits, il a fallu beaucoup de temps. Ainsi, près de huit ans après la première tentative de viol, le dossier judiciaire n’a été ouvert qu’en décembre 1996. L’avocate Me Margaux Mathieu affirme avoir reconnu la plupart des accusations portées contre lui.
Il est parfaitement conscient de la gravité de ses actes et éprouve un profond sentiment de remords. Dans sa quête de réponses, il aspire à faire la lumière sur les motivations cachées derrière ses actions et à expliquer la cohabitation des deux pôles opposés qui définissent sa personnalité.
Les avocats de l’accusé ont déclaré qu’il avait discuté de la possibilité de se faire suivre par un psychologue, mais qu’il n’avait jamais donné suite. Puis, le 5 février 2018, une jeune Belge de 17 ans a été violée et agressée sexuellement alors qu’elle était détenue sous la menace d’un couteau à Erquelinnes.
Un homme peut être vu dans une voiture qui était garée près du site de l’attaque au moment de l’incident, selon des preuves vidéo. La même personne, qui a laissé à plusieurs reprises des preuves ADN, fait également l’objet d’une enquête de la police belge.
C’est elle qui relaie l’information à son homologue en France. Un suspect peut être arrêté trois semaines après l’attaque grâce à de nouvelles recherches. Son profil génétique correspond aux génotypes trouvés chez un grand nombre d’autres personnes de la même ascendance.
Un “acte manqué”, selon l’avocat de Dino Scala, a conduit à sa détention. Me Mathieu dit que lorsqu’il est arrêté, il exprime sa gratitude envers la police. En se garant juste devant l’usine où il travaille, il sait qu’il y a une caméra, six ans après la dernière tentative d’attentat.
Il semble tenter d’arrêter l’ensemble du processus. Un décor incestueux a servi à forger sa personnalité, qui sera à nouveau examinée par la cour d’assises. Parce que les premiers traumatismes de Dino Scala en ont engendré de nouveaux au cours des trois dernières décennies.
Assert Me Bruyerre, ‘Ils ont quand même des effets graves. A l’approche du procès, tout reprend vie pour la famille de la victime. Tout le monde n’est pas prêt à enregistrer. Car, comme le rappelle Me Bruyerre, “les policiers n’étaient pas forcément particulièrement tendres avec eux” lorsqu’ils ont porté plainte à l’époque.
“Le traitement des victimes n’était pas le même. Le suivi psychologique n’était pas envisageable car considéré comme tabou dans la famille. “J’aurais choisi de mourir”, lui a dit la plus jeune, qui a été violée à l’âge de 13 ans.
Le procès de Dino Scala, un violeur en série condamné, débute vendredi 10 juin aux assises du Nord pour une période de 30 ans de viols et d’abus sexuels contre 56 victimes âgées de 13 à 48 ans. Scala, 61 ans, est détenue jusqu’au 1er juillet pour 17 viols et 12 tentatives de viol, ainsi qu’un total de 27 agressions ou tentatives de viol.
Près de la frontière belgo-française, les terrains de chasse associés au « violeur de la Sambre ont une circonférence de moins de 30 kilomètres. Il a reconnu “la grande majorité des faits”, selon son avocate, Me Margaux Mathieu, qui le représente dans cette affaire.
