
Affaire Juge Renaud – Ce dimanche, l’émission télévisée française Faites entrer l’accusé reviendra sur le meurtre en 1975 du juge lyonnais François Renaud, souvent surnommé “le shérif”. Découvrez cet incident en consultant RMC Story.
Pouvez-vous imaginer s’il en savait trop? La nuit du 3 juillet 1972, le juge d’instruction français François Renaud et sa cavalière reviennent d’un dîner. Le couple se gare beaucoup puis rentre à pied dans sa maison lyonnaise. Une voiture s’arrête à leur niveau et un homme masqué saute et commence à leur tirer dessus.
Si le couple parvient à s’éloigner de l’assaut initial, un homme sautera de la voiture et tirera cinq balles à la fois, une dans le nuc, le cou et la tête. La voiture s’éloigne et le compagnon de Renaud se précipite chez lui pour appeler les secours. Cependant, François Renaud subit des blessures mortelles et décède dans l’ambulance.
Le téléphone portable de ses meurtriers a été retrouvé dans son intégralité par les enquêteurs. Puisqu’il était impliqué dans des opérations de vol à haut risque, il savait que sa vie était en danger.
“Le juge Renaud a été assassiné à cause et à l’occasion de son travail. Il s’agit d’une exécution à la manière du milieu”, affirme Pierre Richard, alors chef de la police judiciaire de Lyon. Ils ont maintenant besoin d’un indicateur pour les aider à retracer les pas du tueur.
L’affaire principale de Renaud était le gang notoire de voleurs connu sous le nom de Gang des Lyonnais. Cependant, à l’heure actuelle, ils sont tous enfermés. Après cela, les enquêteurs se demandent si les suspects auraient pu ordonner le meurtre depuis leurs cellules.
Un informateur de la police se précipite au commissariat avec des détails sur les auteurs de l’attaque. Un homme blessé est mentionné comme l’une des cinq personnes qui ont comploté le meurtre du juge. Cette pièce change la donne pour les enquêteurs.
Ils se réconcilient avec un nommé Barthélémy Vidal, qui est le cousin d’Edmond Vidal et le chef du Gang des Lyonnais, dont l’ennemi numéro un était le juge Renaud. Outre les conseils fournis par l’indicateur, les enquêteurs manquent souvent des preuves tangibles nécessaires pour procéder à des arrestations.
Il y a eu cinq juges qui ont pris la relève depuis la mort de François Renaud il y a neuf ans, mais aucun d’eux n’a pu se concentrer uniquement sur la charge de travail. L’avocat de la famille de la victime a rapidement annoncé aux médias que de nouvelles preuves avaient été découvertes. Quand il retourne à son bureau le lendemain, celui-ci a été saccagé.
Selon des proches du juge, juste avant son décès, Renaud s’est vanté de travailler sur une affaire majeure : le hold-up à La Poste de Strasbourg, qui inclurait des personnalités de la politique française. En conséquence, un juge d’instruction a émis une ordonnance de non-lieu le 17 septembre 1992. Malgré le passage de 17 ans, l’affaire du meurtre du juge Renaud n’a pas été résolue.
Chicago par le Rhin dans les années 60 ; Lyon comme cimetière des vivants. La pègre des bandits a étendu ses tentacules à travers la ville. Les politiciens, les agents des forces de l’ordre et les fidèles du parti se mêlent tous la nuit.
Parfois, la collusion est de mise, et les hommes du Service d’action civile (Sac) font respecter la loi. Cette escouade, qui sert de soutien armé au général, est composée de criminels, d’anciens résistants, de barbouzes et de forces de l’ordre.
Il n’est pas rare qu’un voyou évite d’être capturé dans un commissariat de la ville en montrant à l’officier sa “Carte du Sac” ou en faisant une “Appelle en Haut”. Sésame est si couramment utilisé que l’expression “sortez de prison libre” est presque redondante.
Ainsi, le patriarche lyonnais Jean Augé, ancien barbouze de la guerre d’Algérie et ami proche de la Sac, a pu compter sur l’assistance d’un militaire commissionné dans une affaire de détournement à Toulouse. Ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Mais il y a une rumeur qui circule selon laquelle certains cambriolages sont en fait utilisés pour financer des campagnes politiques.
Le juge François Renaud arrive à Lyon en 1966, pour trouver un environnement tendu où le crime semble payer. Il ou elle n’est pas sur un pied d’égalité avec sa renommée. Il est né au Tonkin (futur Vietnam) en 1923 et était un ancien rebelle qui a servi comme juge dans les colonies dans les années 1950.
Il devient rapidement célèbre à Lyon. Dans une ville connue pour sa criminalité, François Renaud s’impose comme un intouchable. Il gravit les échelons régulièrement, devenant juge en chef de l’instruction en 1972.
François Renaud a souvent l’air de sortir d’un western à cause de son apparence atypique. L’homme traverse la ville avec une paire de bottes, une chemise rose et un gilet en cuir. Shérif est un surnom pour lui. Des approches similaires sont adoptées par chacun d’eux. C’est un homme fort et déterminé qui traite ses dossiers avec le plus grand professionnalisme et dévouement. Sur le côté, il ne cherche pas à se cacher.
On dit qu’il a une faible moralité car il n’a jamais caché son attirance pour les femmes. Il n’est pas rare qu’il entre dans un pub avec une belle compagne, donnant l’œil à tout espion potentiel dans la pièce. Pas une minute ne passe sans histoire. Le juge finira par tomber sur son ancien pote résistant Jean Schnaebelé.
Après s’être vanté d’être « devenu le plus grand voleur de Lyon », l’homme s’était demandé ce qu’il était devenu. Une simple réponse de Renaud — « Je suis le plus grand juge de Lyon » — aurait mis fin à la discussion. Le « shérif » garde ses distances et ne se mêle pas aux criminels.
