
Cfdt Francois Chereque – L’ancien secrétaire général de la CFDT François Chérèque est décédé lundi 2 janvier à l’âge de 60 ans “des suites d’une longue maladie”, comme l’ont rapporté à la fois un membre de sa famille et le plus haut syndicat du gouvernement français.
Mes sympathies vont à ses proches, à ses collègues militants et à tous ceux qui ont eu l’honneur de connaître cet homme remarquable de dévouement et d’humanité. Laurent Berger est désormais secrétaire général de la CFDT.
François Chérèque, né à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 1er juin 1956, a présidé le deuxième syndicat français de 2002 à 2012. Sa présidence de l’Agence du service civique, qu’il occupait depuis le 1er janvier 2014, a été interrompue pendant quelques mois alors qu’il se remettait d’une leucémie, dont il avait été diagnostiqué en septembre 2015.
Après avoir été désigné haut-commissaire à l’engagement civique par le président François Hollande en avril, il a démissionné le 8 juin en raison d’un retour sévère de sa maladie et a été remplacé par son adjoint, Yannick White.
Je veux me concentrer entièrement sur ma maladie pour être plus efficace”, écrit-il à un copain de l’époque. Je l’appuie, même s’il doit être un peu verbeux.
Bien qu’il ait été réélu au congrès de la CFDT à Tours en juin 2010 pour un troisième mandat de quatre ans au poste de secrétaire général, François Chérèque a décidé de se retirer à l’été 2011. Pour ne pas finir par jouer “un jeu de trop”.
beaucoup” Le 19 septembre 2012, il a officiellement quitté, mettant son entreprise entre les mains compétentes de son héritier présumé, Laurent Berger, 43 ans. Il avait deux règles pour sa retraite qu’il s’était fixées : “Pas de politique et pas de Légion d’honneur”.
Après avoir voté pour François Hollande en raison de ses opinions social-démocrates et avoir été nommé Inspecteur général des affaires sociales en Conseil des ministres en janvier 2013, Jean-Marc Ayrault est devenu surnommé “Monsieur la pauvreté” et a pris la présidence de Terra Nova, un penseur char affilié au Parti socialiste, dont il n’a jamais été membre. Ça ne deviendra pas un avant-poste du PS, lui dit-il franchement.
Passionné de rugby depuis l’adolescence
François Chérèque est le quatrième de cinq fils, tous nés de son père sidérurgiste Jacques, qui a élevé la famille à Pompée (Meurthe-et-Moselle). Les catholiques de gauche l’ont élevé. C’est son boulot d’éclaireur.
Sa mère, Elisabeth, a remarqué à quel point il était à l’aise avec les membres de la tribu. Sa famille s’installe à Sarcelles, dans le Val-d’Oise, lorsqu’il a 12 ans. Son père avait gravi les échelons à la CFDT, en devenant numéro deux, avant de devenir ministre de Michel Rocard.
Un professeur de physique au lycée qui acceptait “tout ce qui dépasse de vingt centimètres la moyenne” l’initie au rugby. Il sera le capitaine de l’équipe locale et un incontournable de la deuxième ligne grâce à sa silhouette imposante. Un ballon ovale représentant son dévouement indéfectible à la cause ornera son pupitre au troisième niveau des bureaux du quartier CFDT de Belleville.
Avant d’en devenir le dirigeant, j’ai passé vingt-quatre ans à la CFDT.
François Chérèque a rejoint la CFDT en 1978, et il ne s’est pas laissé faire. Les cédistes locaux, antagonistes au recentrage confédéral de Jacques Chérèque, lui ont refusé sa carte à trois reprises.
En 1986, à 30 ans, il saute le pas et devient secrétaire permanent du syndicat sanitaire et social des Alpes-de-Haute-Provence. Il a débuté sa carrière à la fédération sanitaire et sociale en 1991 en tant que secrétaire national et en est finalement arrivé à la tête en 1996 après s’être installé à Paris.
Première de la CFDT, sa fédération a doublé son effectif de 52 200 adhérents en 1991 à 120 000 adhérents fin 2001 grâce au réseau de dévelopers qu’il a établi. En 2001, Nicole Notat l’a emmené devant le comité exécutif, le gouvernement central, pour tenter de faire d’elle l’héritier présomptif de l’homme qui l’avait mise à l’abri du mal lors d’une manifestation.
Le terme “tsarine” fait référence à sa notoriété parmi les autres. Nous pouvions dire qu’il était l’épine dorsale de l’équipe à la façon dont il parlait et analysait les choses. C’est pourquoi j’y suis allé; c’est ancré dans la réalité.
Premiers pas hésitants, puis paroles concrètes et sans peur
Et le nouvel élu doit couper deux liens : l’un avec la famille de son père (il en était fier, mais il devait se faire un prénom) et l’autre avec le système tutélaire .
Aucun d’eux ne se portera volontaire pour être son chaperon. Il continue dans les pas de Nicole Notat et reprend son équipe. Il doit donc se retirer de la mêlée, gagner en indépendance, s’assurer une liberté personnelle à laquelle il tient et laisser son empreinte.
Une erreur qui coûte à la CFDT des milliers d’adhérents
Le 15 mai 2003, cependant, François Chérèque connaît un revers. Il fulmine tôt le matin après une réunion syndicale avec le ministre du Travail François Fillon sur la réforme des retraites, disant Le compte n’y est pas.
Quelques heures plus tard, il a eu un entretien en tête-à-tête avec le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et laissé avec des promesses de mandats prolongés. Il détermine seul le “compromis acceptable”, sans consulter ses supérieurs.
Cette erreur déclenche un ouragan, les membres de la CGT et du PS coupant les ponts avec lui et lui envoyant des courriers haineux le traitant de “traître” et “collaborateur” pour avoir trahi les convictions de la CFDT afin de s’allier à un gouvernement de droite.Dans cette crise, l’hémorragie interne est sévère.
