
Joseph Sercia Mort – La Ville de Marseille L’enquête sur le meurtre en 1993 de Yann Piat, le seul député français en exercice à avoir été assassiné, a connu plusieurs itérations avant que la justice n’abandonne la piste politico-mafieuse au profit d’une enquête criminelle bâclée, mais elle n’a clarifié aucune question sur la direction du gang.
Le 25 février 1994, Yann Piat, 44 ans, tombe dans un guet-apens alors qu’il est reconduit chez lui par son chauffeur sur les hauteurs d’Hyères, station balnéaire de la Côte d’Azur connue pour son port, ses palmiers et plusieurs réglementation de l’époque.
Dans l’Hexagone, le ressenti est universel. La presse évoque d’emblée la possibilité d’un meurtre politique en se penchant sur le côté du sénateur UDF Maurice Arreckx (au centre), le “parrain” du département dont les liens avec le gangster local notoire Jean-Louis Fargette étaient notoires. Des chasseurs italiens ont tué une fargette fugitive en 1993.
La théorie du mafieux politique semble appuyée par une lettre écrite par Yann Piat deux ans plus tôt, lors de son intense campagne pour les élections régionales. Elle avait aussi écrit, citant deux autres noms, « J’accuse, en cas d’accident mortel sur ma personne ou autre suicide, MM. Arreckx, Bernard Tapie, Jean-Louis Fargette.
Joseph Sercia, vice-président du DVD dans le département et rival malchanceux de Yann Piat à la 93e législature, est également suspecté. Pour arrêter celle qui voulait être la “Mme propre” du Var, il mena une campagne d’une violence extrême, comprenant des menaces de mort et des intimidations.
Avant de rejoindre le Parti républicain de François Léotard, Yann Piat est entré en politique en tant que membre du Front national sous la tutelle de son « mentor », Jean-Marie Le Pen. Elle avait l’intention de se présenter à la mairie de Hyères en 1995 lorsqu’elle a été élue pour la première fois à l’Assemblée nationale française en 1986 et à nouveau en 1993 sous la bannière PR-UDF.
Maurice Arreckx a été arrêté puis relâché, mais le scandale a révélé des liens profonds entre l’establishment politique local et la mafia. En posant des questions aléatoires à un jeune drogué qui a été témoin du crash de la moto, les enquêteurs ont pu rassembler suffisamment d’informations pour identifier les tueurs. La jeune femme lit les noms : Lucien Ferri, 26 ans, le tireur ; Marco Di Caro, 25 ans; le pilote du vélo ; et les trois hommes qui s’étaient enfuis, ont volé et mis le feu au vélo.
Ils traînent souvent au pub de Gérard Finale, le Macama, sur le port d’Hyères. La “bande du Macama”, arrêtée le 15 juin 1994, est reconnue coupable en 1998. Au cours du procès, la stratégie politique de défense est définitivement abandonnée. Au siège, le juge d’instruction Thierry Rolland a témoigné : “Il n’y a pas d’angle politique… Finale voulait remplacer Fargette.”
Finale a toujours nié être le commandant désigné par les tueurs. Alors que l’un d’eux prétend que Sercia est un “super-commanditaire”, les enquêteurs ne rapportent aucune preuve contre lui. De plus, d’autres pistes disparaissent, comme celles des barbouzes ou des honnêtes promoteurs.
En juin 1998, l’affaire a finalement été résolue devant le tribunal, Ferri et Gérard Finale étant reconnus coupables et condamnés à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Me Michel Cardix, l’avocat de la défense de Gérard Finale, a toujours été déconcerté par la condamnation. Racontant à l’AFP, “On a essayé de faire de lui un gros con comme Fargette, mais c’est complètement fabriqué”, a-t-il dit.
L’avocat insiste sur le fait que son client n’a fait que “mettre les gamins (de la bande Macama, NDLR) en contact avec les autres commanditaires”. Selon lui, la justice “instrumentalisée” a “évité” d’emprunter la voie politique qui aurait pu la mener “au-delà de Sercia”.
Christian Sainte, qui a dirigé l’enquête PJ, a conclu que “politiquement, Sercia pourrait être intéressée à voir disparaître Yann Piat”. Finalement, Sercia, restaurateur et adversaire politique de Yann Piat, “est devenu proche”, se souvient le policier. En éliminant Yann Piat, le premier “se donne les moyens de peser sur Sercia… en facilitant l’élection de Sercia à la mairie, il pourrait peser sur la ville”.
Dans le même ordre d’idées, l’enquête “n’a pas pu démontrer une quelconque implication de Sercia dans ce meurtre”, nuance-t-il. JOSEPH SERCIA est un homme que le destin a malmené. Il était entré en politique “par idéal” en 1968 pour pouvoir “faire du bien aux gens” et “tendre la main aux pauvres et aux impuissants”. son travail d’élu” que c’est presque insultant.
Il avait appris tout seul et s’était hissé au poste de vice-président du conseil consultatif général du gouvernement du Var. Eh bien, regardez-le maintenant : il a tout perdu. “Ils se sont débarrassés de moi”, clame-t-il devant le juge et le jury. Il y a eu deux séjours en prison pour l’homme, le chômage, la perte de sa femme et la fermeture de l’entreprise de son fils.
A partir d’aujourd’hui, le magnifique Jo a repoussé sa moustache exquise, a retrouvé son large sourire et a de nouveau enfilé ses beaux vêtements. Il n’a plus que “2.900 Assedic et 1.200 loyers”. Nous “le formons dans la boue.” Et sa « vieille mère » entend son nom « tous les jours à la télévision ».
Quelques questions ont été posées à Jo Sercia après la douloureuse litanie qu’a eu l’émeu. Depuis le meurtre de Yann Piat, son nom revient sans cesse dans les témoignages. Le bruit courait qu’il était un rival du législateur et aussi un ami du « milieu ». Qu’il était responsable des mésaventures de la campagne de 1993.
Assurément, dit-il, “la tentative de grenade contre sa permanence (NDLR : celle de Yann Piat) était scandaleuse.” Bien que l’auteur soit le fils d’un consultant généraliste, Jo Sercia affirme n’avoir “aucune idée” de l’affaire.
