
Simone Veil Cause De Sa Mort – Elle allait avoir 90 ans, et elle était une figure majeure de la politique française et une icône de la lutte contre les discriminations sexuelles en France. L’ancienne ministre française de la Santé Simone Veil, qui a servi sous Valéry Giscard d’Estaing en tant que président, est décédée dans son appartement parisien le 30 juin après avoir été hospitalisée pour des problèmes respiratoires. Simone Jacob (de son prénom) est née le 13 juillet 1927 à Nice de parents juifs immigrés de Bionville-sur-Nied (Lorraine).
Le 13 avril 1944, Simone, sa mère et sa sœur Milou sont envoyées à Auschwitz-Birkenau, et la sœur de Simone, Denise, est envoyée à Ravensbrück. Elle a enduré l’enfer du camp d’extermination et le désespoir de la mort de sa mère du typhus.
Après avoir été libérée en mai 1945, elle apprend que son père et son frère ont été assassinés en Lituanie. Malgré ses difficultés, elle se construit un avenir en étudiant le droit, en rencontrant son futur mari Antoine et en quittant finalement la pratique du droit pour poursuivre une carrière de juge.
Les draperies de style européen qui ornent les bâtiments gouvernementaux sont d’une couleur berne profonde. Il y a une crêpe cousue dans les tentures multicolores… Un discours émouvant du président Macron annonce que l’ancienne ministre de la Santé et rescapée de la Shoah sera inhumée aux côtés de son mari au Panthéon.
Une foule enthousiaste de tous âges s’attroupe alors que les cercueils défilent rue Soufflot (escortés par la Garde républicaine) en ce dimanche matin ensoleillé de juillet 2018 (Léon Zitrone nous manque).
Elle avait une expérience directe de la barbarie et de l’arbitraire, et elle savait que seuls le dialogue et l’accord entre les nations pourraient empêcher la résurrection d’Auschwitz sur les tombes froides de ses victimes, a déclaré le président devant une foule de plus d’un millier de notables et d’amis du couple et des centaines d’inconnues. Désormais, Simone Veil repose dans la crypte des grands hommes et femmes de la nation.
La jeune déportée d’Auschwitz représente le meilleur de la France – son honneur, sa grandeur, son courage et sa dignité – face à l’adversité. “Ma mère est décédée à la maison ce matin. Elle avait échappé des camps de la mort d’où elle avait été envoyée à l’âge de 16 ans et elle représentait la Shoah dans l’esprit des Français.
“La France a perdu l’un de ses grands repères moraux : “la dignité de l’enfant juif jeté dans l’abîme de la Shoah”, qui est devenue un exemple moral pour tous les Français. Bravoure dans la lutte pour les droits des femmes, surtout quand, comme Ministre française de la Santé en 1974, elle a voté une loi légalisant l’avortement volontaire malgré les menaces de mort et les insultes de la population majoritairement musulmane du pays. Et l’impartialité du jugement de l’huissier de justice », a salué l’ancien chef de l’État socialiste.
Edouard Philippe, le premier ministre, a également rendu hommage à Simone Veil, affirmant qu’elle “restera le visage d’une République debout, humaine, bienveillante”. Avec un tweet lisant, “La France perd une personnalité comme l’histoire en n’offre rien”, a-t-il répondu.
Sur sa propre page Facebook, Nicolas Sarkozy a rendu hommage à l’ancienne ministre « J’ai connu Simone Veil ; je l’admirais et j’ai envie d’écrire sur elle ; j’aimais Simone Veil ; son amitié ne m’a jamais manqué ». Ses yeux bleus exprimaient autorité et colère, pourtant ils brillaient aussi d’une grande bonté et de la faible lueur de l’espérance”.
Valéry Giscard d’Estaing se disait “bouleversé” et espérait que “sa vie exemplaire continuerait à servir de modèle à la jeunesse d’aujourd’hui”. Cette femme extraordinaire avait connu « les plus grands bonheurs et les pires malheurs de la vie », comme le dit l’ancien président.
Célèbre pour sa forte personnalité, l’une des personnalités publiques les plus aimées de France est malade depuis des années. Elle a été brièvement hospitalisée pour des problèmes respiratoires l’été dernier.
Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des Juifs de France (Crif), a déclaré à l’AFP : “La France perd une femme exceptionnelle, un grand témoin et un guerrier de la mémoire de la Shoah”.
Cette modérée historique a été membre de la Cour constitutionnelle de 1998 à 2007, et elle s’est fait connaître en faisant porter son nom sur une loi criminalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, elle a été ministre de la Santé.
Elle a dû faire face à des ennemis désorganisés. Dans une entrevue avec la journaliste Annick Cojean publiée en 2004 (Les hommes aussi s’en souviennent), elle déclare : « Je n’aurais jamais imaginé la haine que je susciterais.
Simone Jacob, fille d’architecte, est née le 13 juillet 1927 à Nice (Alpes-Maritimes) dans une famille juive et ladino. Elle et sa famille sont envoyées à Auschwitz en 1944. Ils finissent par se marier et elle rencontre son futur mari à Sciences-Po. Le couple marié en 1946 attend trois enfants. En avril 2013, Antoine était décédé.
En 1956, Madame Veil débute sa carrière comme juge, servant d’abord comme suppléante au bureau central du ministère de la Justice. Elle est la première femme à occuper le poste de secrétaire général du conseil judiciaire de la Cour suprême (1970-74).
Elle est entrée en politique pour la première fois en 1974 en tant que ministre de la Santé dans l’administration Chirac, poste qu’elle a occupé pendant les trois administrations Barre jusqu’à ajouter la responsabilité de la Sécurité sociale et des Affaires familiales.
Tête de liste UDF lors des premières élections au suffrage universel au Parlement européen en 1979, elle démissionne ensuite de son poste de ministre pour devenir présidente du Parlement (1979-1982). Mme. Veil, ayant déjà été élu deux fois en 1984 et 1989, restera député jusqu’en 1993.
