Deprecated: Function WP_Dependencies->add_data() was called with an argument that is deprecated since version 6.9.0! IE conditional comments are ignored by all supported browsers. in /home/lasceleb/public_html/wp-includes/functions.php on line 6131
Pierre Soulages Jeune - La célébrité

Pierre Soulages Jeune

Répandez l'amour du partage
Pierre Soulages Jeune
Pierre Soulages Jeune

Pierre Soulages Jeune – En plein été, nous avons rendu visite à Pierre Soulages dans sa maison isolée sur les pentes du mont Saint-Clair. Rencontrer quelqu’un est lié à aller dans un lieu historique. L’artiste aura 100 ans le 24 décembre ; le Louvre commémorera l’occasion avec une rétrospective qui se lit comme un éloge funèbre.

Pierre Soulages évite de contempler et de discuter l’acte créatif. De son côté, l’artiste a “congédiait” – pour reprendre son terme – toute tentative d’explication de ses oeuvres depuis 1948, date à laquelle il publia un texte qu’il signerait sans doute encore aujourd’hui. Dans un autre texte de 1983, il tente de préciser ses idées : « ma peinture n’est ni une image ni un langage ».

Il a dit: “La peinture ne transmet pas de sens, mais elle le crée; elle ne communique pas non plus ce sens; tout ce qui se résume à la communication n’est qu’un médium remplaçable.” Elle est avant tout un plaisir à contempler, un lieu qu’on aime visiter, source et foyer d’une dynamique du sensible.

Parallèlement, Pierre Encrevé, en réalisant le gigantesque catalogue raisonné de Soulages (2007 pour l’édition intégrale au Seuil), a montré de manière convaincante que l’œuvre de l’artiste se développe par cycles. Pour simplifier, disons que tout existe depuis 1946, mais que Soulages essaie toujours de faire plus avec moins.

Ludwig Mies van der Rohe, figure de proue du Bauhaus, a fait la célèbre remarque : “Moins, c’est plus”. Mais si le mouvement minimaliste a influencé la conception architecturale, alors Soulages doit être dans le camp “maximaliste” s’il veut continuer à inspirer des niveaux de réflexion toujours plus élevés à travers des actions toujours plus simples. L’intérêt de Soulages pour le geste, et plus précisément la trace du geste, découle de son admiration pour les premiers artistes de l’histoire humaine.

A la porte d’entrée, nous sommes accueillis par sa femme, Colette Soulages. Née en 1920, quelques mois après lui, elle a mis ses études d’art entre parenthèses lorsqu’ils se sont mariés le 24 octobre à minuit en l’église Saint-Louis de Sète. Évidemment, tous les deux étaient habillés tout en noir. Le regard de Colette est à la fois chaleureux et sournois, mystérieux et introspectif.

Ils viennent de fêter leur 67e anniversaire de mariage, mais malgré l’abondance d’invitations qu’ils ont reçues, ils semblent se contenter de passer la plupart de leur temps seuls. On descend dans l’atelier du sous-sol de cette maison qui semble être au milieu de nulle part malgré sa proximité avec le célèbre cimetière maritime de Paul Valéry.

C’est ainsi que, caché dans l’atelier de cet artiste, on retrouve un jeune homme amené à aider Soulages dans le genre de tâches que son âge avancé ne lui permet tout simplement plus d’accomplir seul. Aujourd’hui, il découpe soigneusement des textiles en minuscules morceaux de laine d’agneau et les brûle dans un braséro. Regarder les toiles déchirées et fumantes donne un léger vertige.

Au retour de Pierre Soulages, les cerfs s’assoient l’un à côté de l’autre ; leurs regards et leurs caresses tendres peuvent faire fondre même les cœurs les plus durs. Nous entourant sont des dizaines de peintures et les souvenirs de centaines d’autres, tous créés ici même par le grand homme qui nous regarde avec une intensité ardente dans les yeux. Abattre et détruire l’âme.

Pierre Soulages Jeune

Non seulement à cause de sa longue et fructueuse carrière et de son œuvre, mais aussi parce qu’il vient d’établir un nouveau record d’enchères à 9,6 millions d’euros pour un tableau de 1959. Non, cet homme a une densité, une intégrité et une droiture qui le forcent à évitez même les formes de jeu les plus néfastes. Cela fonctionne bien, alors que ce n’était pas du tout notre plan. Veuillez commencer l’entretien.

PS. Nous adorons passer nos étés à Paris, mais le mois d’août n’est plus le même ; la ville est devenue envahie par les touristes et nous avions envie de vivre quelque chose de nouveau. En 1960, pour être précis. Nos recherches nous ont conduits à Sète, où nous avons eu la chance de rencontrer les parents de Colette. Ils vivaient dans une ville pas trop loin de Marseille.

Ils étaient au courant de nos besoins en matière de logement, alors sa mère a contacté un vendeur local qui nous a montré plusieurs petites maisons (à Marseille, ça s’appellerait des “cabanons” ; ici, ça s’appellerait des “baraquettes”). Nous n’avons rien vu et il n’a pas pu se rapprocher de nos voisins.

Quand est venu le moment pour nous de quitter Sète, le vendeur a crié : « Écoutez, il y a une mai – son qui pourrait vous intéresser. Personne ne veut être ici, mais c’est un endroit agréable. La maison est belle, mais il y a beaucoup de travail à faire. Venez, tout de même. Et nous sommes tombés par hasard sur cet endroit où se trouvait une maison ridicule, typique de la petite bourgeoisie conquérante de la fin du XIXe siècle.

Mais la vue était vraiment à couper le souffle. Et Colette m’a dit : « Si le cadre te plaît, fais comme chez toi. Exactement ce que vous avez lu est ce qui s’est passé. Nous l’avons acheté puis l’avons fait exploser.

Nous avons fait des plans, choisi un emplacement et embauché un jeune architecte qui, au début, voulait juste nous présenter ses idées. Je les ai sauvés, ce qui est bien car il semble avoir construit la maison à partir des plans qu’il a présentés (rires).

p.s. la maison est le soleil et le vent. Le soleil reste au rendez-vous tout l’été. Le 22 juin, il reste dehors. Et le 22 décembre, le soleil se lèvera jusqu’au fond de l’océan. Je suis moi-même responsable de cette extrême simplicité. Le 22 décembre à midi et le 22 juin à midi, j’ai accroché un fil de plomberie d’un mètre. La longueur de l’ombre a été mesurée. Pour les murs c’est la même chose, la même proportion.

Pierre Soulages Jeune
Pierre Soulages Jeune

Leave a Comment

error: Le contenu est protégé !!