
Charlotte Matzneff Fille De Gabriel – Il y avait une ressemblance frappante entre mon spectacle et un tableau costumé. Je souhaite que les spectateurs sentent qu’Artagnan et eux sont en pleine randonnée à cheval. S’ils avaient des cuissards et des doigts griffus, ce serait génial. Les scènes sont brèves mais pleines d’action. Il y a eu de nombreuses batailles nulles. Du moins à mon avis, cette version rend hommage à la fois au cinéma classique et au théâtre des trésors.
Comment la musique et la chorégraphie sont-elles intégrées à votre spectacle ?
La musique de combat et la chorégraphie sont omniprésentes dans ma mise en scène. En effet, la musique fait partie intégrante de toutes mes productions scéniques. Ici nous avons l’accordéon, les cajons, la guitare et le violon. Mes comédiens jouent et chantent pendant qu’ils se battent. Tonio Mathias, composé de la division. Avec l’univers cinématographique de Sergio Leone, elle entretient des liens étroits. La musique mystérieuse et intrigante des cowboys est ce que je recherche.
Une partition omniprésente qui élève notre performance comme une musique de film. Certains éléments musicaux qui jouent en arrière-plan même s’ils ne sont pas toujours perceptibles. Rien ne pourrait nous faire sentir pire que de regarder un film plein de suspense car la musique nous fait sauter sur le canapé même si rien ne s’est encore passé à l’écran.
Ensuite, il y a bien sûr la chorégraphie du combat. Rien que de penser aux Trois Mousquetaires, on est sûr d’évoquer des images de batailles de chevaux spectaculaires et passionnantes. J’ai travaillé avec le maître d’armes Christophe Mie (qui joue également Tréville et Louis XII dans le spectacle), qui a orchestré pour l’occasion pas moins de neuf combats, dont deux impliquant plus de dix comédiens combattant sur scène en même temps.
Nous rencontrerons des femmes fortes et déterminées à travers les quatre chargeurs par la bouche. Un groupe de femmes égarées par un siècle qui ne leur laissait que peu d’espace pour vivre. Qu’elles s’adressent ou non à un public familial, il est étonnant que la plupart des versions évitent systématiquement d’évoquer le meurtre de Milady par d’Artagnan. Nous nous contentons de répéter la méchanceté et la perfidie de Milady sans lui expliquer sa haine.
Plutôt que Milady se réveille un matin et décide d’abandonner la vie d’Artagnan, la raison pour laquelle elle ressemble à Artagnan est qu’elle se met en colère et décide de se venger après avoir été maltraitée. Je suis employé pour essayer de comprendre les pensées qui font rougir Milady, même si je n’inclut pas cet épisode dans mon adaptation car je ne veux pas expliquer
À mon avis, cette femme ne vient pas d’une famille démoniaque ; elle le devient lorsqu’elle ne voit pas d’autre moyen de survivre que de passer un contrat avec le diable. J’essaierais de rendre hommage aux femmes dans tout ce qu’elles font. Leurs forces et faiblesses.
Les Trois Mousquetaires, histoire d’amour ou récit de combats de chevaux ?
Ces trois histoires d’amour mettent en scène des batailles féroces aux enjeux élevés ! Une histoire d’amour épique incluant le duc de Buckingham et la princesse Anne d’Autriche, une histoire d’amour passionnée entre Athos et Milady, et une histoire d’amour idyllique entre d’Artagnan et Constance. C’est croire que, dans une époque absurdement créée par l’homme, l’amour ne peut être révélé que par les difficultés et le mal.
Quels sont les trois mousquetaires que vous pouvez visualiser en temps réel ?
Moi, ma sœur et mon frère. Je grandis au rythme des pas de mes enfants…
Vous ne savez pas?
Je m’assure que je mangerai tout salé avant le dîner. Une variété de gourmandises composent mon petit-déjeuner.
Un mouvement de résistance ?
Depuis cinq ans, je n’ai plus de télévision et j’essaie d’éviter autant que possible les informations. Après un long séjour aux États-Unis (où les informations sont toujours diffusées), j’ai réalisé que la télévision avait sur moi un effet terrible, choquant et terrifiant.
Je crois que, plus que jamais, face à l’épidémie que nous vivons, il est absolument nécessaire d’éviter la télévision et d’être prudent dans l’utilisation des réseaux sociaux afin de conserver un certain sérieux.
Après une année 2020 particulièrement mémorable, l’actrice et chanteuse Charlotte Matzneff revient sur scène pour évoquer l’importance du retour aux sources, le rôle de la culture (notamment auprès des jeunes générations) et sa prochaine production : une nouvelle adaptation théâtrale du roman d’Alexandre Dumas. Les Trois. Une collaboration avec Jean-Philippe Daguerre, Mousquetaires.
Je crois que ma réponse de l’année dernière, le 28 décembre 2020, n’est pas identique à ma réponse de cette année, même si elles sont très similaires. Il faut repenser les choses car la période que nous vivons est troublante, opaque et menaçante.
Être né dans un pays démocratique est un privilège dont je n’ai jamais été aussi conscient. Les différentes limitations imposées à nos libertés depuis le début de cette pandémie, qu’elles soient justifiées ou non (notamment l’interdiction d’exercer notre profession pendant plus de neuf mois), ont élargi ma perspective.
Je dirais que se remettre ensemble est la clé pour faire et vivre de grandes choses en tant que groupe, plutôt que jouer en live est vital. Qu’il s’agisse de musique chorale, de ballet, de concerts de rock, de musique classique ou de théâtre, il n’y a rien de mieux que d’être présent en personne.
Envisager que Netflix seul à la maison puisse supplanter la communion de nos âmes alors que la magie du théâtre est dans l’air est aussi ridicule que d’imaginer qu’une application puisse supplanter les réunions d’amitié en face à face. Nullité sur la chair, le vrai, le “live” et la matière. C’est nécessaire dans un monde où les écrans et la distance sont la norme.
Dans la lutte contre la déshumanisation et la robotisation, il est notre champion. Quoi qu’il en soit, le spectacle vivant est une arme puissante dans la lutte contre la maladie et l’isolement. Pour quelle raison?
Car c’est dans ces instants précieux que tous ces êtres venus de paysages différents et de pays un peu lointains se réunissent et réalisent qu’ils ont un point commun : ils respirent ensemble. Plus encourageant encore qu’un homme découvre qu’il respire de façon commune.
De quelle manière perçovez-vous la culture ?
La culture est quelque chose qui peut être transmis et grandir à la fois avec celui qui le reçoit et celui qui le donne. La culture d’une nation entière repose sur des coutumes profondément enracinées… Une histoire racontée à travers les histoires de nos aînés… Une appréciation de la lecture qui commence dès le plus jeune âge, lorsque nos parents nous lisent à haute voix alors que nous sommes trop petits pour lire. par nos propres moyens…
Les représentations théâtrales, les sélections musicales et les numéros de cirque nous font sursauter quand nous les trouvons. Toute cette histoire “un spectacle est différent tous les soirs” est complètement fausse, même si elle est souvent répétée. Chaque jour, le public évolue et devient un partenaire incontournable de notre métier.
C’est son regard qui ravivera et réveillera nos sensations ; néanmoins, il se garde bien de nous déranger même lorsque nous regardons trois cents fois la même émission. Nous périrons tous en même temps si la population le fait. Si la foule applaudit, nous serons là avec lui.
En faveur de la culture, quelles luttes avez-vous menée ?
Le rendre accessible à tous. Nous proposons depuis toujours des spectacles au plus jeune public à travers notre compagnie de théâtre Le Grenier de Babouchka et Jean-Philippe Daguerre. Aériens, écoles et lycées ont été nos premiers lieux de spectacle. Je pense qu’il est vital d’aller vers eux lorsqu’ils ne peuvent pas venir chez nous.
Tandis que les enfants peuvent élargir leur champ de vision avant qu’il ne soit trop tard. Au Théâtre Le Ranelagh, nous proposons environ soixante-sept représentations devant un public exclusivement étudiant. La diversité des enfants qui fréquentent le théâtre pour la première fois apporte de nouvelles émotions à certains d’entre eux, et c’est fascinant de les voir de tous horizons.
Après chaque représentation, nous organisons des rencontres entre étudiants et comédiens. Lors de nos échanges, notre objectif est de répondre à leurs demandes avec la plus grande honnêteté. Quant à eux comme à nous, c’est une grande richesse. En sortant du théâtre, j’espère que le public pensera que j’ai combattu aux côtés d’Artagnan.
Où en est aujourd’hui le projet des Trois Mousquetaires ?
Le drame costumé a toujours été mon préféré. Fanfan la Tulipe, Scaramouche et Les Trois Mousquetaires de Richard Lester m’ont captivé, ma chère petite fille. J’ai lu le livre en troisième année et j’ai été surpris de constater que les personnages étaient évidemment beaucoup plus compliqués que dans les nombreuses adaptations cinématographiques.
J’ai été particulièrement captivé par les relations entre Artagnan et Athos, ainsi que par les femmes de leur vie. Après avoir rassemblé un large répertoire de pièces, nous avons entrepris avec Jean-Philippe Daguerre de créer une œuvre populaire qui ferait partie de notre héritage. Les Trois Mousquetaires sont apparus à nous comme par magie. Ce faisant, il rend hommage à la fois au cinéma classique et à l’art du trapèze. Comment s’est déroulé le processus d’adaptation ?
Ensemble, Jean-Philippe Daguerre et moi avons travaillé. Au début, il y avait beaucoup de transports. Nous avons dû extraire les intrigues clés du roman car il est très complexe et compliqué. Le triangle amoureux entre Porthos et Aramis, ainsi que les trois souricières, se côtoient. Seul Planchet, fidèle colocataire et valet de chambre de d’Artagnan, a survécu pour raconter l’histoire.
Que cette nouvelle déclinaison théâtrale apporte-t-elle par rapport à nos jours ? Nous avons essayé de faire une adaptation théâtrale en gardant à l’esprit toutes les adaptations cinématographiques qui font partie de notre patrimoine et de faire de cette œuvre une
